à Maria del Pilar, ma grand-mère

Elles flottent encore impasse Madrilène
les effluves sucrées de mes jeudis d’antan
toutes ces joies cachées dessous les draps de laine
aux murs improvisés des cabanes d’enfant

Ils résonnent les pavés impasse Madrilène
Maillard et Chat perché battent le caniveau
la ruelle s’anime de nos courses anciennes
et nos enfantillages cognent encore aux carreaux

Il suffisait d’un rien impasse Madrilène
pour nourrir nos journées de secrète magie
Loin de nos parents, les heures aoûtiennes
s’enflaient de liberté, d’audace, de fantaisie

Où s’en vont les bonheurs impasse Madrilène
maintenant que les jours ont asséché nos rêves
restent-ils prisonniers des yeux qui s’éteignent
maintenant que nos vies nous ligotent sans trêve ?

Je ne viendrai plus impasse Madrilène
où mes 10 ans dorment, où mon enfance veille
j’ai laissé au platane des rêves et quelques peines
et des rires accrochés aux « 1-2-3  Soleil »

                                             Février 2012

 

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